Elle a surement raison, je deviens insomniaque, touchée d'un drôle de phénoméne, celui de la "non fatigue", le but est simple il s'agit de ne pas dormir et en plus, de n'être jamais, mais alors jamais, fatiguée, de pouvoir, à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit, pouvoir courir un marathon d'un millier de kilométres, pouvoir chevaucher n'importe quelle monture si folle soit elle, si libre soit elle. Comme lui, qui devient, c'est sur, de plus en plus sauvage, il joue au grand jusqu'au moment où il se rend compte qu'il s'est éloigné trop loin alors il raméne sa petite tête creusée vers moi et se frotte, comme pour me montrer qu'il est là, que je peux me poser, me poser en plus sur quelque chose de solide, quelque chose d'infaillible, qui tiendra toute la vie. Et vous ne pouvez même pas imaginer comment cette sensation de sécurité est délicieuse, on la savoure doucement, juste tous les deux. L'herbe est doucement mouillée, elle laisse voler une odeur fraiche au dessus d'elle, comme un nuage de légéreté flottant au dessous de nous pour nous porter, avec toutes ces fleurs qui commencent à se réveiller tant il est tôt encore, et les arbres autour qui s'abaissent sur nous, comme pour nous protéger de tout ce qui pourrais nous toucher. Toutes ces choses, toutes ces merveilles nous montre que, putain, notre vie est géniale en réalité, qu'on devrait arrêter de se déchirer les coeurs tous, avec nos problémes, tous plus importants les uns que les autres, alors d'accord la vie n'est pas toujours comme on voudrait qu'elle soit, mais pensez alors si on veut qu'elle soit comme dans nos rêves, comment seraient nos rêves alors ? Cette douce sensation d'atteindre le monde du parfait, d'avoir tout le meilleur de nous, de notre entourage pour une seconde, une seule et trés longue seconde qui se terminera, bien sur, mais qui ne pourra justement que recommencer, grâce à sa fin, sa fin qui améne toujours un air de nostalgie, une brise de tristesse. Et elle recommence, s'emballe encore, toujours plus pour redescendre et terminer sa chute sur le petit matin frais, afin de te laisser joyeux et serein pour ta journée, tout juste commencée. Je l'aime ma vie, oh oui je l'aime. Aprés tout, j'ai tout pour être heureuse... Oui tout. Exceptée la conscience peut être, ce mot était d'ailleurs exclu de mon vocabulaire depuis longtemps, mais plus le temps passe et plus il réapparait, j'ai peur qu'un jour il se restaure en moi, qu'il reprenne une place, et par conséquent qu'il me retire toute ma liberté, celle que j'aime tant, celle sans qui surement je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui, celle sans qui je ne ferais pas, à jugement personnel, des choses plus ou moins sympas. Aprés tout, vous savez, je me moque royalement de ce que l'assemblée peut penser. Royalement.